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PROBLEMATIQUE

Chaque année en France, 160 000 personnes font une tentative de suicide et 12 000 en décèdent. C’est la première cause de mortalité chez les jeunes adultes. Au vue de ces chiffres, le gouvernement a pris la décision de faire de la prévention du suicide, une priorité de santé publique. Il a ainsi publié un Plan santé mentale 2005-2008. Celui-ci souligne la nécessité d’intégrer la prévention du suicide dans une approche plus globale de la santé mentale.

Au niveau régional, la région Centre a un taux de mortalité par suicide élevé : 16ème rang des régions françaises, soit une surmortalité de 25% par rapport à la moyenne française. En région Centre, on dénombre 550 décès annuels et 96 décès (74 hommes et 22 femmes) dans le département de l’Eure et Loir pour 2006 (chiffres en augmentation par rapport à 2005 et 2004)1. Dès 2003, la région a mis en place un programme régional « prévention suicide », dont le Programme Régional de Santé Publique reprend les objectifs en les étendant à la prévention de la dépression.

Le processus de dégradation sociale identifié depuis plusieurs années a engendré de nouvelles formes de souffrance psychosociale. Celle-ci existe depuis toujours, mais elle a pris des formes et une tonalité nouvelles en raison de plusieurs facteurs : l’individualisation, la précarisation du travail, l’isolement, etc.… Ces facteurs entraînent un processus de fractionnement permanent des solidarités et des cadres de vie. Les repères et les ressources sont devenus extrêmement mouvants. Si la majorité des individus parvient à gérer l’insécurité et à trouver des modalités d’adaptation, une autre part n’y parvient pas et devient vulnérable. Cette vulnérabilité va s’exprimer à travers différents comportements : perte d’estime de soi, mal être, isolement, fatigue, perte d’énergie, stress. Ils peuvent être plus agressifs et révéler une volonté de « destruction de soi » : consommation abusive de produits psycho stimulants, violence vis-à-vis de soi (suicide) et des autres. Bien souvent, ces comportements constituent des facteurs de risques pour de nombreuses pathologies (cf. rapport de la Mission d’Information sur la Pauvreté et l’Exclusion Sociale en Ile de France. Santé mentale et précarisation. Paris : Mipes, 2003).

Le Programme Régional de Santé Publique (PRSP) 2005-2009 du Centre avait prévu des actions permettant de consolider le maillage des différents types de professionnels intervenant dans le champ de la prévention et de la prise en charge, et également celles permettant de soutenir les personnes confrontées à la crise.

En effet, afin de limiter le phénomène d’isolement des différents intervenants dans le champ de la santé mentale et du suicide (équipes de psychiatrie, médecins généralistes, travailleurs sociaux, professionnels éducatifs et de l’insertion, intervenants associatifs), il s’agit de développer la coordination et la concertation entre ceux-ci. Les responsabilités, les champs d’actions et les domaines d’intervention de chacun des acteurs doivent être connus et clarifiés. Cette volonté est une condition essentielle pour une prévention et une prise en charge efficace de ce problème de santé publique.
Aujourd’hui, Les actions proposées dans le Schéma régional de prévention 2012-2016 se situent dans le prolongement des actions déjà entreprises en région Centre depuis 2003, et en conformité avec les orientations du Programme national d’actions contre le suicide 2011-2014 rendu public début septembre 2011. Celui-ci insiste notamment sur :
- l’intervention le plus en amont possible, en particulier pour limiter et mieux prendre en charge la souffrance psychique des individus,
- le développement d’actions spécifiques envers les milieux du travail, agricole et scolaire,
- la mobilisation de l’ensemble des professionnels de santé et de l’ensemble des personnes susceptibles d’être au contact de personnes à risques.

Mis à jour le 06/06/2012

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